ਤਟਨ ਖਟਨ ਜਟਨ ਹੋਮਨ ਨਾਹੀ ਡੰਡਧਾਰ ਸੁਆਉ ॥੧॥
taTan khaTan jaTan homan naahee dda(n)ddadhaar suaau ||1||
Les tiirath (lieux de pèlerinage au bord des eaux), les six rites, les tresses emmêlées, les offrandes au feu, le bâton de l'ascète : rien de tout cela ne sert. ॥1॥
ਜਤਨ ਭਾਂਤਨ ਤਪਨ ਭ੍ਰਮਨ ਅਨਿਕ ਕਥਨ ਕਥਤੇ ਨਹੀ ਥਾਹ ਪਾਈ ਠਾਉ ॥
jatan bhaa(n)tan tapan bhraman anik kathan kathate nahee thaeh paiee Thaau ||
Efforts de toute sorte, austérités, errances, discours sans nombre : nul n'a sondé Sa profondeur ni trouvé Sa demeure.
ਸੋਧਿ ਸਗਰ ਸੋਧਨਾ ਸੁਖੁ ਨਾਨਕਾ ਭਜੁ ਨਾਉ ॥੨॥੨॥੩੯॥
sodh sagar sodhanaa sukh naanakaa bhaj naau ||2||2||39||
Après avoir tout examiné, Nanak le dit : la paix est de chanter le Nom. ॥2॥2॥39॥
ਕਾਨੜਾ ਮਹਲਾ ੫ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ||
Kaanraa, Mahalla 5.
ਪ੍ਰਭ ਕਹਨ ਮਲਨ ਦਹਨ ਲਹਨ ਗੁਰ ਮਿਲੇ ਆਨ ਨਹੀ ਉਪਾਉ ॥੧॥
prabh kahan malan dhahan lahan gur mile aan nahee upaau ||1||
Dire Dieu, c'est brûler la souillure ; on Le reçoit en rencontrant le Guru — il n'existe aucun autre moyen. ॥1॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
Guru Arjan Dev Ji écrit ici dans un style très ramassé, en mots courts qui riment entre eux. Il énumère les pratiques religieuses les plus visibles de son temps pour dire qu'aucune ne conduit à Dieu par elle-même. Seuls le Nom et la rencontre du Guru ouvrent la voie.
ਕਾਨੜਾ ਮਹਲਾ ੫ ਘਰੁ ੯ ੴ ਸਤਿਗੁਰ ਪ੍ਰਸਾਦਿ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ghar nauvaa ikOankaar satigur prasaadh ||
ਪਤਿਤ ਪਾਵਨੁ ਭਗਤਿ ਬਛਲੁ ਭੈ ਹਰਨ ਤਾਰਨ ਤਰਨ ॥੧॥
patit paavan bhagat bachhal bhai haran taaran taran ||1||
Traduction
Kaanraa, Mahalla 5, Ghar 9
Un seul Dieu, réalisé par la grâce du vrai Guru.
Il purifie les déchus, il aime la Bhagti (la dévotion aimante offerte à Dieu), il enlève la peur, il est la barque qui fait traverser. ॥1॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
ਨੈਨ ਤਿਪਤੇ ਦਰਸੁ ਪੇਖਿ ਜਸੁ ਤੋਖਿ ਸੁਨਤ ਕਰਨ ॥੧॥
nain tipate dharas pekh jas tokh sunat karan ||1||
Mes yeux sont comblés en voyant son Darshan (la vision bénie) ; mes oreilles sont satisfaites en écoutant sa louange. ॥1॥
ਪ੍ਰਾਨ ਨਾਥ ਅਨਾਥ ਦਾਤੇ ਦੀਨ ਗੋਬਿਦ ਸਰਨ ॥
praan naath anaath dhaate dheen gobidh saran ||
Maître du souffle, donateur de ceux qui n'ont personne, refuge des humbles, ô Gobind.
ਆਸ ਪੂਰਨ ਦੁਖ ਬਿਨਾਸਨ ਗਹੀ ਓਟ ਨਾਨਕ ਹਰਿ ਚਰਨ ॥੨॥੧॥੪੦॥
aas pooran dhukh binaasan gahee oT naanak har charan ||2||1||40||
Il comble les espérances et détruit la peine : Nanak a saisi l'appui des pieds de Har. ॥2॥1॥40॥
Le titre « patit paavan », celui qui rend purs les déchus, est l'un des noms de Dieu les plus chers à la sangat, car il affirme qu'aucune naissance ni aucune faute ne ferme la porte. Le shabad n'énonce que des titres divins, sans une seule demande : c'est une adoration pure. Guru Arjan y ajoute une précision décisive, Dieu est « anaath daate », il donne à ceux qui n'ont aucun protecteur.
ਕਾਨੜਾ ਮਹਲਾ ੫ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ||
Kaanraa, Mahalla 5
ਚਰਨ ਸਰਨ ਦਇਆਲ ਠਾਕੁਰ ਆਨ ਨਾਹੀ ਜਾਇ ॥
charan saran dhiaal Thaakur aan naahee jai ||
Je suis au refuge des pieds du Maître miséricordieux ; il n'y a nulle autre part où aller.
ਪਤਿਤ ਪਾਵਨ ਬਿਰਦੁ ਸੁਆਮੀ ਉਧਰਤੇ ਹਰਿ ਧਿਆਇ ॥੧॥
patit paavan biradh suaamee udharate har dhiaai ||1||
Purifier les déchus est la nature même du Maître : ceux qui méditent Har sont sauvés. ॥1॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
ਸੈਸਾਰ ਗਾਰ ਬਿਕਾਰ ਸਾਗਰ ਪਤਿਤ ਮੋਹ ਮਾਨ ਅੰਧ ॥
saisaar gaar bikaar saagar patit moh maan a(n)dh ||
Le monde est un marécage, un océan de vices ; l'homme y tombe, aveuglé par l'attachement et l'orgueil.
ਬਿਕਲ ਮਾਇਆ ਸੰਗਿ ਧੰਧ ॥
bikal maiaa sa(n)g dha(n)dh ||
Il s'agite, pris dans les affaires de Maya (l'illusion des biens et des liens qui passent).
ਕਰੁ ਗਹੇ ਪ੍ਰਭ ਆਪਿ ਕਾਢਹੁ ਰਾਖਿ ਲੇਹੁ ਗੋਬਿੰਦ ਰਾਇ ॥੧॥
kar gahe prabh aap kaaddahu raakh leh gobi(n)dh rai ||1||
Prends-moi par la main, ô Dieu, tire-moi de là ; protège-moi, ô Gobind, mon roi. ॥1॥
ਅਨਾਥ ਨਾਥ ਸਨਾਥ ਸੰਤਨ ਕੋਟਿ ਪਾਪ ਬਿਨਾਸ ॥
anaath naath sanaath sa(n)tan koT paap binaas ||
Maître de ceux qui n'ont pas de maître, appui des saints, destructeur de millions de fautes.
ਮਨਿ ਦਰਸਨੈ ਕੀ ਪਿਆਸ ॥
man dharasanai kee piaas ||
Mon esprit a soif de son Darshan (la vision bénie).
ਪ੍ਰਭ ਪੂਰਨ ਗੁਨਤਾਸ ॥
prabh pooran gunataas ||
Dieu est parfait, trésor de toutes les vertus.
ਕ੍ਰਿਪਾਲ ਦਇਆਲ ਗੁਪਾਲ ਨਾਨਕ ਹਰਿ ਰਸਨਾ ਗੁਨ ਗਾਇ ॥੨॥੨॥੪੧॥
kirapaal dhiaal gupaal naanak har rasanaa gun gai ||2||2||41||
Miséricordieux, compatissant, Gopal : la langue de Nanak chante ses vertus. ॥2॥2॥41॥
Le mot « biradh » est important : il ne désigne pas une faveur exceptionnelle mais un caractère constant, presque une promesse tenue de toujours. Dieu ne purifie pas les déchus par exception, c'est sa manière d'être. Ce shabad et le précédent forment un diptyque autour du même titre, patit paavan.
ਕਾਨੜਾ ਮਹਲਾ ੫ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ||
Kaanraa, Mahalla 5
ਵਾਰਿ ਵਾਰਉ ਅਨਿਕ ਡਾਰਉ ॥
vaar vaarau anik ddaarau ||
Je m'offre en sacrifice, je donne mille choses,
ਸੁਖੁ ਪ੍ਰਿਅ ਸੁਹਾਗ ਪਲਕ ਰਾਤ ॥੧॥
sukh pria suhaag palak raat ||1||
pour la joie d'un seul instant de nuit auprès de mon Bien-Aimé. ॥1॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
ਕਨਿਕ ਮੰਦਰ ਪਾਟ ਸੇਜ ਸਖੀ ਮੋਹਿ ਨਾਹਿ ਇਨ ਸਿਉ ਤਾਤ ॥੧॥
kanik ma(n)dhar paaT sej sakhee moh naeh in siau taat ||1||
Palais d'or, lits de soie : ô mes compagnes, rien de tout cela ne me touche. ॥1॥
ਮੁਕਤ ਲਾਲ ਅਨਿਕ ਭੋਗ ਬਿਨੁ ਨਾਮ ਨਾਨਕ ਹਾਤ ॥
mukat laal anik bhog bin naam naanak haat ||
Perles, rubis, mille plaisirs : sans le Naam (le Nom de Dieu), ô Nanak, tout cela détruit.
ਰੂਖੋ ਭੋਜਨੁ ਭੂਮਿ ਸੈਨ ਸਖੀ ਪ੍ਰਿਅ ਸੰਗਿ ਸੂਖਿ ਬਿਹਾਤ ॥੨॥੩॥੪੨॥
rookho bhojan bhoom sain sakhee pria sa(n)g sookh bihaat ||2||3||42||
Une nourriture sèche, la terre nue pour lit : ô mes compagnes, auprès du Bien-Aimé, tout se passe dans la joie. ॥2॥3॥42॥
Guru Arjan parle ici avec la voix de l'épouse qui attend son époux, image courante dans la Gurbani pour dire l'âme et Dieu. Tout le shabad tient dans un contraste : l'or et la soie sans l'aimé, ou le pain sec et la terre battue avec lui. Les « compagnes » sont les autres chercheuses, c'est-à-dire la sangat elle-même.
ਕਾਨੜਾ ਮਹਲਾ ੫ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ||
Kaanraa, Mahalla 5
ਅਹੰ ਤੋਰੋ ਮੁਖੁ ਜੋਰੋ ॥
aha(n) toro mukh joro ||
Brise ton Haumai (l'ego, ce « moi » qui se met au centre) et tourne ton visage vers lui.
ਗੁਰੁ ਗੁਰੁ ਕਰਤ ਮਨੁ ਲੋਰੋ ॥
gur gur karat man loro ||
En répétant « Guru, Guru », cherche-le dans ton esprit.
ਪ੍ਰਿਅ ਪ੍ਰੀਤਿ ਪਿਆਰੋ ਮੋਰੋ ॥੧॥
pria preet piaaro moro ||1||
L'amour de mon Bien-Aimé, voilà mon amour. ॥1॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
ਗ੍ਰਿਹਿ ਸੇਜ ਸੁਹਾਵੀ ਆਗਨਿ ਚੈਨਾ ਤੋਰੋ ਰੀ ਤੋਰੋ ਪੰਚ ਦੂਤਨ ਸਿਉ ਸੰਗੁ ਤੋਰੋ ॥੧॥
gireh sej suhaavee aagan chainaa toro ree toro pa(n)ch dhootan siau sa(n)g toro ||1||
Alors la couche de la maison devient belle et la cour paisible : romps, ô mon amie, romps le lien avec les Panch (les cinq passions : désir, colère, avidité, attachement, orgueil). ॥1॥
ਆਇ ਨ ਜਾਇ ਬਸੇ ਨਿਜ ਆਸਨਿ ਊਂਧ ਕਮਲ ਬਿਗਸੋਰੋ ॥
aai na jai base nij aasan uoo(n)dh kamal bigasoro ||
Il ne va plus, il ne vient plus, il demeure en son propre siège : le lotus renversé s'est enfin ouvert.
ਛੁਟਕੀ ਹਉਮੈ ਸੋਰੋ ॥
chhuTakee haumai soro ||
Le vacarme du Haumai a cessé.
ਗਾਇਓ ਰੀ ਗਾਇਓ ਪ੍ਰਭ ਨਾਨਕ ਗੁਨੀ ਗਹੇਰੋ ॥੨॥੪॥੪੩॥
gaio ree gaio prabh naanak gunee gahero ||2||4||43||
J'ai chanté, ô mon amie, j'ai chanté Dieu, l'océan insondable des vertus. ॥2॥4॥43॥
Le premier mot du shabad est un ordre : brise. Ce qui suit n'est pas une conquête mais un apaisement, l'esprit cesse d'aller et venir et s'assoit chez lui. Le lotus renversé qui s'ouvre est une image ancienne du cœur tourné vers le bas, vers le monde, et qui se retourne enfin vers la lumière.
ਕਾਨੜਾ ਮਃ ੫ ਘਰੁ ੯ ॥
kaanaRaa mahalaa panjavaa ghar nauvaa ||
Kaanraa, Mahalla 5, Ghar 9.
ਤਾਂ ਤੇ ਜਾਪਿ ਮਨਾ ਹਰਿ ਜਾਪਿ ॥
taa(n) te jaap manaa har jaap ||
Alors médite, ô mon esprit, médite le Seigneur.
ਜੋ ਸੰਤ ਬੇਦ ਕਹਤ ਪੰਥੁ ਗਾਖਰੋ ਮੋਹ ਮਗਨ ਅਹੰ ਤਾਪ ॥
jo sa(n)t bedh kahat pa(n)th gaakharo moh magan aha(n) taap ||
Les saints et les Védas le disent : le chemin est ardu, noyé dans l'attachement et brûlé par la fièvre de l'orgueil. ॥ Pause ॥
ਰਹਾਉ ॥
rahaau ||
ਜੋ ਰਾਤੇ ਮਾਤੇ ਸੰਗਿ ਬਪੁਰੀ ਮਾਇਆ ਮੋਹ ਸੰਤਾਪ ॥੧॥
jo raate maate sa(n)g bapuree maiaa moh sa(n)taap ||1||
Ceux qui sont épris et enivrés de la misérable Maya (l'illusion du monde) ne récoltent qu'attachement et tourment. ॥1॥
ਨਾਮੁ ਜਪਤ ਸੋਊ ਜਨੁ ਉਧਰੈ ਜਿਸਹਿ ਉਧਾਰਹੁ ਆਪ ॥
naam japat souoo jan udharai jiseh udhaarahu aap ||
Il médite le Naam (le Nom divin) et il est sauvé, celui que Tu sauves Toi-même.
ਬਿਨਸਿ ਜਾਇ ਮੋਹ ਭੈ ਭਰਮਾ ਨਾਨਕ ਸੰਤ ਪ੍ਰਤਾਪ ॥੨॥੫॥੪੪॥
binas jai moh bhai bharamaa naanak sa(n)t prataap ||2||5||44||
Attachement, peur et doute s'évanouissent, dit Nanak, par la grâce des saints. ॥2॥5॥44॥
Shabad de Guru Arjan Dev Ji dans la neuvième mesure du Raag Kaanraa. La difficulté du chemin n'est pas extérieure : elle tient à l'attachement et à la fièvre de l'ego. Le dernier vers renverse tout mérite personnel — c'est Dieu qui sauve, et la compagnie des saints qui dissipe la peur.