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Raag Gauree · Bhagat Kabeer Ji

Ang 342

Raag Gauree · Bhagat Kabeer Ji

Cet Ang est couvert par le shabad commencé à l'Ang 341.

Traduction

Jhajha : empêtré dans les intrigues, tu n'as pas su t'en dégager. ॥

Tu es resté hésitant, et n'as pas été agréé. ॥

Pourquoi t'agiter en vain à vouloir instruire les autres ? ॥

Deviens un humble suppliant, et tu connaîtras ta condition d'être lié. ॥29॥

Bhabha : quand le voile est percé, l'union advient. ॥

Maintenant, la peur brisée, la confiance est venue. ॥

On a réuni les cinquante-deux lettres, ॥

mais on n'a pu reconnaître l'unique Lettre impérissable. ॥

Kabeer prononce le Shabad (la Parole du Guru) de la Vérité. ॥

Raag Gauree Poorbee, Baawan Akhree de Kabeer Ji — Un seul Dieu, le Nom vrai, l'Être créateur, par la grâce du Guru : ॥

À se quereller, on ne récolte que querelle. ॥15॥

Nyanya : Il est tout proche, demeurant dans le cœur ; où irais-tu Le chercher au loin ? ॥

Celui qu'on croyait au-dehors, on Le connaît au-dedans. ॥

Le mystère s'est dévoilé : j'ai reconnu le Roi de l'univers. ॥30॥

Mama : en saisissant la Racine, l'esprit se rassérène. ॥

Celui qui est vraiment savant demeure sans peur. ॥

Pour les érudits, ce n'est qu'affaire de commerce ; ॥

pour l'homme de sagesse, c'est méditation de l'essence. ॥

Les cinquante-deux lettres, les trois mondes, tout est contenu en elles. ॥

Ces lettres périront ; mais cette Lettre impérissable n'est pas parmi elles. ॥1॥

Celui pour qui j'ai fouillé le monde entier, je L'ai trouvé tout près. ॥16॥

Tata : le passage est ardu, mais il est dans le cœur. ॥

Ouvre les portes du mental : pourquoi n'entrerais-tu pas au Palais ? ॥

Qui connaît le secret connaît son propre esprit. ॥

Que nul ne tarde à unir son esprit au Seigneur. ॥

Celui qui s'y absorbe obtient le Vrai. ॥31॥

Selon l'intelligence qui habite chaque âme, ॥

dit Kabeer, ainsi chacun comprendra. ॥45॥

Là où il y a parole, là viennent les lettres. ॥

Là où il n'y a plus de parole, l'esprit ne peut demeurer. ॥

Entre le dit et l'indicible, Il est, Lui. ॥

Tel qu'Il est, nul ne peut Le saisir. ॥2॥

Ayant vu l'Immuable, je ne vacille ni ne m'égare nulle part. ॥

Attaché à Lui, mon cœur a trouvé son contentement. ॥17॥

Mama : ton affaire est avec l'esprit ; en le maîtrisant, la perfection s'obtient. ॥

Kabeer parle à l'esprit par l'esprit seul : rien n'égale l'esprit maîtrisé. ॥32॥

Si j'atteins Allah, que puis-je en dire ? Et le dire, à quoi bon ? ॥

Comme le banian est contenu dans sa graine, ainsi Lui, dont les trois mondes sont le déploiement. ॥3॥

Thatha : écarte ce mirage trompeur. ॥

À grand-peine, j'ai rendu mon esprit ferme. ॥

Le voleur qui a trompé et dévoré le monde entier, ॥

ce voleur, je l'ai déjoué, et mon esprit a trouvé son repos. ॥18॥

Cet esprit est Shakti, cet esprit est Shiva. ॥

Cet esprit est la vie des cinq éléments. ॥

Quand cet esprit s'élève et demeure dans l'extase, ॥

en cherchant Allah, la dualité s'efface et l'on saisit un peu du mystère. ॥

Détourné du monde, l'esprit transpercé par le mystère atteint l'Indestructible, l'Inentamable. ॥4॥

Dada : quand naît la crainte de Dieu, toute autre peur s'en va. ॥

En cette crainte, la peur se dissout. ॥

Alors on parle des choses des trois mondes. ॥33॥

Yaya : si tu veux savoir, tue la mauvaise pensée et maîtrise le village du corps. ॥

Le musulman connaît sa voie, l'hindou ses Vedas et Puranas ; ॥

mais pour instruire l'esprit, il faut étudier un peu la vraie sagesse. ॥5॥

Qui craint le monde sera de nouveau saisi de peur. ॥

Devenu sans peur par la crainte de Dieu, la peur du cœur s'enfuit. ॥19॥

Dhadha : pourquoi Le chercher ailleurs, alors qu'Il est tout près ? ॥

Le brave qui ne fuit pas au combat, celui-là mérite le nom de héros. ॥34॥

Rara : j'ai reconnu comme fades les saveurs du monde. ॥

Devenu détaché, j'ai reconnu la vraie Saveur. ॥

J'ai connu l'Omkar, l'Origine de tout. ॥

Ce qu'on écrit puis efface, je ne le tiens pas pour Lui. ॥

Si quelqu'un connaît l'Omkar, ॥

d'autres ont épuisé leur souffle à Le chercher en vain. ॥

Après avoir gravi le mont Sumeru pour chercher, ॥

je L'ai trouvé dans la forteresse du corps qu'Il a lui-même bâtie. ॥20॥

Ayant abandonné ces saveurs, l'autre Saveur est venue. ॥

Ayant bu cette Saveur, les autres saveurs ne me plaisent plus. ॥35॥

Connais Celui qui ne peut être effacé. ॥6॥

Kaka : quand le rayon de lumière pénètre le lotus du cœur, ॥

épanoui par la lune, il ne se referme plus. ॥

Nana : l'homme engagé dans le combat contre les vices tient bon. ॥

Il ne fléchit pas, ni ne recule. ॥

Bénie soit la vie de celui ॥

qui tue l'ego, l'unique, et renonce à tant de vices. ॥21॥

Lala : attache ton esprit dans un tel amour ॥

qu'il n'aille nulle part ailleurs, et atteigne la Vérité suprême. ॥

Et s'il fixe là son amour dévoué, ॥

alors il atteint Allah et se fond en Ses pieds. ॥36॥

Et s'il goûte là le nectar de la fleur épanouie, ॥

l'indicible, comment le dire, comment l'expliquer ? ॥7॥

Khakha : que l'esprit revienne en cette caverne du cœur. ॥

Qu'il ne quitte pas la caverne pour courir aux dix directions. ॥

Tata : cet océan insondable ne peut se traverser par ses seules forces. ॥

Il imprègne le corps et les trois mondes. ॥

Quand les trois mondes sont contenus dans le corps, ॥

Vava : encore et encore, souviens-toi du Seigneur. ॥

En te souvenant du Seigneur, on n'est jamais vaincu. ॥

Sacrifice sur sacrifice à qui chante la gloire du Seigneur. ॥

Connaissant son Maître, il demeure dans le pardon. ॥

Alors il devient immortel et atteint l'état impérissable. ॥8॥

Gaga : qui reconnaît la parole du Guru, ॥

son essence se fond dans l'Essence, et il obtient le Vrai. ॥22॥

Thatha : Il est insondable, on n'en trouve pas le fond. ॥

Lui est insondable ; celui-ci, l'esprit, ne tient pas en place. ॥

Qui rencontre le Seigneur obtient tout le Vrai. ॥37॥

Vava : connais-Le, Lui seul ; en Le connaissant, on devient comme Lui. ॥

Il ne prête plus l'oreille à autre chose. ॥

Il demeure détaché comme l'oiseau, et ne va nulle part. ॥

Il saisit l'Insaisissable et demeure dans le ciel de la conscience. ॥9॥

Sur un petit sol, Il commence sa demeure. ॥

Sans piliers, Il soutient le temple de l'univers. ॥23॥

Dada : vois ce qui est périssable. ॥

Quand celui-ci, l'âme, et Celui-là, Dieu, s'unissent, nul ne connaît cette union. ॥38॥

Sasa : examine cela avec soin. ॥

Retiens le discours qui apaise le cœur. ॥

Ghagha : Il habite chaque cœur. ॥

Même si le vase du corps se brise, Lui ne diminue jamais. ॥

Quand on trouve le gué dans le cœur, ॥

tel qu'Il est invisible, ainsi garde-Le en méditation. ॥

Quand la clé est mise à la Dixième Porte, ॥

alors on obtient le Darshan (la vision bénie) du Miséricordieux. ॥24॥

Quand le cœur s'apaise et que naît l'amour, ॥

le Roi des trois mondes s'y révèle pleinement. ॥39॥

Khakha : si quelqu'un se met en quête, ॥

celui qui cherche et trouve ne renaît plus. ॥

Pourquoi quitter ce cœur où Il est pour courir les sentiers ardus ? ॥10॥

Nganga : maîtrise-toi, aime le Seigneur, et dissipe le doute. ॥

Ne fuis pas parce que tu ne Le vois pas : là est la suprême sagesse. ॥11॥

Dhadha : entre le bas et le haut se fait le discernement. ॥

Entre le bas et le haut est Sa demeure. ॥

Quittant le bas, quand on s'élève vers le haut, ॥

quand on cherche, comprend et médite, ॥

alors traverser l'océan terrifiant ne prend qu'un instant. ॥40॥

Chacha : le monde est un vaste tableau peint. ॥

Laisse le tableau, souviens-toi du Peintre. ॥

Alors le bas s'unit au haut et l'on trouve la paix. ॥25॥

Nanna : nuit et jour se passent à Le guetter. ॥

À force de guetter, les yeux sont devenus rouges de larmes. ॥

Sasa : Celui-là orne la couche de l'Époux. ॥

Lui seul dissipe le doute. ॥

Abandonnant les plaisirs éphémères, on obtient la paix suprême. ॥

Ce tableau merveilleux du monde est le grand obstacle. ॥

Laisse le tableau, fixe ta conscience sur le Peintre. ॥12॥

Chhachha : le Roi souverain est ici, tout près. ॥

Pourquoi ne pas demeurer comblé, en renonçant aux vains espoirs ? ॥

À force de guetter, quand on finit par Le trouver, ॥

alors le regard de l'âme rencontre le Regard de Dieu. ॥26॥

Papa : Il est sans limite, on n'en trouve pas l'autre rive. ॥

Alors celle-ci, l'âme, est l'épouse, et Lui, l'Époux. ॥41॥

Haha : Il est toujours présent, mais on ne Le connaît pas. ॥

Dès qu'on Le réalise, l'esprit se rassérène. ॥

Ô esprit, à chaque instant je t'exhorte. ॥

Pourquoi L'abandonner et t'enliser dans l'ego ? ॥13॥

Jaja : si, vivant, l'on brûle les désirs du corps, ॥

on s'unit à la Lumière suprême. ॥

Qui maîtrise les cinq sens, ॥

celui-là dépasse et le péché et le mérite. ॥27॥

Il est bien réel, si seulement quelqu'un Le percevait. ॥

Alors on devient Lui, et l'on n'est plus soi. ॥42॥

« À moi ! à moi ! » crie tout le monde en errant. ॥

Qui consume les passions de sa jeunesse trouve la vraie voie. ॥

Quand il brûle le désir de sa richesse et de celle d'autrui, ॥

alors il atteint la Lumière et en reçoit l'éclat. ॥14॥

Phapha : sans fleur, le fruit se forme. ॥

Si quelqu'un discerne une part de ce fruit, ॥

et médite cette part, il ne retombe pas dans la dualité. ॥

Cette part du fruit transperce et libère tout le corps. ॥28॥

C'est à cause du « moi » que tant de peine s'empare de l'homme. ॥

Mais s'il s'attache au Seigneur, l'Époux de Lakshmi, ॥

la peine s'efface et il obtient toute la paix. ॥43॥

Baba : goutte à goutte, l'union se fait. ॥

Une fois la goutte fondue dans la goutte, plus de séparation. ॥

Devenu humble serviteur, il s'adonne à l'adoration. ॥

Khakha : combien se sont épuisés et consumés ! ॥

S'épuisant et se consumant, ils ne se souviennent toujours pas de Dieu. ॥

Maintenant, connaissant le monde pour ce qu'il est, si l'esprit demeure ferme, ॥

il retrouve sa stabilité là d'où il fut séparé. ॥44॥